Héros milhoes

Sur les terres de Murça, il y a des champs de bataille à cultiver, des oliveraies perdues dans la douleur et la vaillance.


Les maisons de Valongo se sont dressées ici comme les pierres et les arbres. Autour d'elles, il y a toujours un vent rampant qui soulève la poussière du sol et souffle par les monts. Et derrière cette brume, les oliviers: Scellés dans la terre comme des mères, ils peuvent attendre le retour d'un enfant mort. Scellés dans la terre comme des statues, ce seront des soldats de pierre taillée par la baionette. Sur les terres de Murça, se mélangent des sons terribles; les voix d'alors, les voix d'aujourd'hui; si l'on entend les silences, chacun d'eux apporte son écho. Les hommes chantent comme salaire du jour, le peloton chante pour se moquer de sa mort; le son des bottes est la marche des âmes lusitaniennes déchirées à La Lys. Gaulage des fruits, gaulage de l'artillerie; le tumulte et la mitraille; l'huile et le sang s'écoulent mêlés, sève étrange d'un peuple buriné par le froid et la douleur. Sur les terres de Murça, le plus-que-parfait n'existe, qu'oublié. Et c'est ainsi que s'écrit l'histoire d'un héros, la terre de si peu de gens, c'est la terre de Milhões.